Aldilà
pacata ancora
in espressioni di addio
dai gesti leggeri
l’imponente statura
serbato il vivido suo
sorriso delineato appena
– luce dorata del sole
tra le foglie degli alberi che la fresca brezza scompiglia –
si allontana celeste
e la domanda
apre il baratro della piccolezza
sommersa da preghiere che riempiono la veglia
dopo la distrazione del giorno
nel sonno per un ultimo saluto
offre la sua spalla ancor calda
A Mimi
Grazia Bernasconi-Romano
Lugano – fine giugno 2016
Au-delà
n’as-tu rien à me dire ?
ton refrain réveille et ponctue mon jour
quand c’était toi qui imposais le silence
l’absence
le fil long donné au temps
des rencontres
le cri silencieux dévorant les derniers regards possibles
ta grande main sèche assoiffée de mon eau
ta pupille happée par l’abîme
et moi impuissante incapable de lâcher prise
les larmes et les rêves se refusant au deuil
anniversaire d’une défunte
n’as-tu rien à me dire ?
le respect muet de la silencieuse sagesse s’annihile et se libère
mon pied cadencé et ferme gravit le mont
oh ! quérir la nouvelle aurore
et ma main accueille la croix d’olivier aux feuilles argentées
deux olives acerbes fragilement accrochées
l’eterno riposo dona a te o Signore
le soleil réchauffe les herbes, le vent brasse les senteurs
baume
le château aux invisibles toutes portes et fenêtres ouvertes sur la mer des Mères
me laisse entrer et sortir à mon gré
me reconnaît fille d’Arabes, Normands, Sarrasins, Angevins et Bourbons
j’effleure les marbres désacralisés de mon enfance – nature impitoyable et fécale
mais la pierre éraflée des murs – forteresse séculaire – domine l’attente et le lointain
dans une niche de la façade ma main pèlerine dépose la croix
sépulture de ta mendiante
À Loli
Grazia Bernasconi-Romano
Mont Sainte-Catherine
Favignana – Sicile 15 juillet 2017
